Pause dans les travaux : un premier constat

dimanche 14 décembre 2008
par  ConsulTram
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Maintenant que les pelleteuses se sont temporairement garées, il est temps de dresser les premiers constats. C’est volontairement que nous avons gardé le silence jusque là, pour ne pas tomber dans le piège facile de la critique au quotidien des travaux.

Il est évident que le chantier du tramway, quelque soit le trajet retenu, engendre des nuisances. C’est un mal nécessaire, qui doit s’accompagner de mesures accompagnatrices.
C’est plus sur celles-ci que notre attention va se focaliser, et sur les répercussions à long terme.

On notera au passage un bon point : le changement de sens de la rue St-Julien s’est effectué sans anicroches majeures. Il reste à synchroniser mieux que ça l’est actuellement les feux du carrefour Louis-de-Romain. Une suggestion : en forçant la sortie de la place du Ralliement à droite rue Plantagenet, on gagne un tour de feu ...

Quand au reste ...

  1. La circulation dans l’hyper-centre et le long du boulevard Foch s’est -de force- extrêmement réduite. Pas de quoi pavoiser : suite à l’expérimentation grandeur nature de ce que seront les conditions de trafic une fois le tram en place, les automobilistes se sont reportés sur d’autres axes, et notamment sur le seul axe reliant le nord au sud de la ville : la voie sur berges. On arrive donc au paradoxe que cette voie, qui s’était délestée de presque un tiers de sa circulation au profit du contournement autoroutier nord [1], s’est vu revenir aux heures de pointes quasi à la situation antérieure. Le paradoxe n’est qu’apparent, puisque nous avions déjà expliqué que cette voie et le boulevard Foch formaient l’ossature des déplacements nord-sud au sein de la ville : supprimer ou restreindre l’une surchargerait automatiquement l’autre. C’est une des raisons qui nous a fait critiquer le maintien d’un couloir de bus sur le boulevard et la seule voie dans chaque sens prévue pour la circulation automobile.
  2. Un accès automobile très réduit, des navettes gratuites sympathiques mais à l’efficacité douteuse, des chantiers quasi-permanents par le haut comme par le bas : les alentours de la place du Ralliement ont souffert de ces premiers mois de travaux. Les commerçants -beaucoup d’entre eux- parlent de 30% voire 50% de baisse de chiffre d’affaire. Un premier commerce a déjà déposé le bilan, d’autres hélas vont suivre d’ici peu. Et force est de constater que l’accompagnement annoncé n’est pas là.
  3. Les mêmes remarques valent pour le boulevard Foch, et c’était prévisible et prévu : en tournant rue d’Alsace et supprimant les places de parking, on condamnait le boulevard. Tout n’est pas la faute de la mairie, mais force est de reconnaitre que les commerces du boulevard, restaurants et cafés en tête, souffrent. L’échec évident du bowling (c’était un pari fou de se lancer en pleins travaux) ne va pas arranger la situation. En fait, on peut déjà considérer le boulevard Foch comme à moitié mort.
  4. Le chantier en bout de ligne à La Roseraie a chassé une partie des automobilistes du boulevard d’Arbrissel, et les a reportés sur les boulevards Portet et Bédier, déjà très très chargés. Pour une fois, la municipalité à fait taire son instinct anti-voiture, et a fait aménager des "tourne à gauche/à droite" aux carrefours, c’est à dire des voies de dégagements sans supprimer les voies existantes. Cela a permis de conserver un minimum de fluidité à la circulation, mais il est à craindre que le report soit plus ou moins permanent.
  5. Les modifications des lignes de bus sur Angers-Sud ont démontré une impréparation incompréhensible vu le temps disponible à la mise en place des travaux : non seulement certaines stations se sont déplacées de ci - de là sans panneaux indicateurs des mouvements, mais en fait des lignes entières ont naviguées d’une rue à l’autre. Bien sûr il y avait le plan distribué par la COTRA, mais personne ne le garde dans sa poche ; et l’absence d’indication pratiques -parfois même pas un simple plan- au niveau de la rue montre qu’"on" ne s’est pas vraiment projeté dans la peau de l’utilisateur lambda. Heureusement, les conducteurs des bus ont sans rechigner suppléé au manque d’information.
  6. Toujours sur Angers Sud, c’est à l’utilisation que les services techniques se sont rendus compte que l’état de la chaussée menant au Pont Noir (rue Gaultier et boulevard Poirel) était piteux, et ne résisterait pas au passage des bus déplacés de la rue Létanduère. Résultat, il a fallu d’urgence et en pleine exploitation refaire le substrat entier de ces voies, causant ainsi derechef des déplacements imprévus et au jour le jour de lignes ou de sens de ligne. Même chose pour le virage des bus devant la clinique de la main. Est-ce que la mission tramway n’aurait pas pu vérifier l’infrastructure avant de lancer les travaux ? C’est à se demander si les décideurs se déplacent sur le terrain pour expérimenter et constater.

Le constat global, c’est celui d’un lancement de tous les chantiers dès le début par principe, du bloquage des rues pour rien (les bus auraient pu continuer par la rue Létanduère pendant 1 an sans problème), et d’un manque sérieux de préparation quand aux conséquences indirectes. La victoire du dogme sur la raison, une fois de plus.

C’est aussi que semble se profiler dès maintenant ce que nous annoncions comme probable, à savoir un report de la circulation sur des voies déjà trop chargées, et le déclin annoncé du haut du centre-ville.

Rendez-vous après les fêtes et les soldes, pour tirer un bilan économique plus précis. On suivra aussi de près l’évolution à Avrillé.


[1voir analyse à venir de ce contournement